Lanzdifou de Philo

 ou l’envoûtant groove créole du bèlè

Avec l’album Lanzdifou, le « tanbouyé » martiniquais nous emporte au cœur de rythmes antillais ancestraux, en particulier le bèlè (et sa branche martiale, le danmyé), qu’il revisite, réinvente, en total respect de leur essence première, avec l’ardente complicité de ses 7 musiciens (dont Nicolas Briant, tumba, et François Remy, tambour ka, tibwa). Philo, qui a signé l’intégralité des compositions (sauf Lanzdifou, de Mario Canonge) et des arrangements, incorpore slam, conte, chants créoles immémoriaux… Tôt initié par son grand-père et les anciens de son village, il appartient au nombre des véritables héritiers du bèlè martiniquais.

 

« A travers Lanzdifou, c’est mon village de marins pêcheurs que je mets en scène, j’utilise notamment la conque de lambi qui leur sert pour envoyer des messages, précise le chevronné percussionniste, chanteur, conteur, auteur et compositeur. Au bèlè, socle de mon projet, j’intègre d’autres composantes caribéennes, gwoka, jazz, éléments de nos racines africaines… ». Des invités de marque impriment leur talent : Franck Nicolas (bugle, conque), Nicolas Genest (bugle), Dédé Saint-Prix (conque, flûte des mornes en bambou, chœurs) et Mario Canonge (piano), qui, par ailleurs, a salué « le jeu très particulier » de Philo.

Remarqué en première partie de Mélissa Laveaux, Trilok Gurtu, Papa Wemba, etc., Philo s’est produit lors de festivals majeurs – Mozaïques du Havre, Villes des Musiques du Monde... Le 7 juillet 2019, il jouera au prestigieux festival Jazz à Vienne. Sa démarche valorise le tambour comme vecteur d’une identité à la portée universelle, dans le sens du concept du Tout-Monde d’Edouard Glissant. Dans Lanzdifou, son blues caribéen appelle à une transe libératrice.

Fara C.

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